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Témoignage d'Élisabeth

 

J’ai rencontré cet homme qui devint le père de mes enfants dans un camp de vacances. Il enseignait la classe des ados. Moi j'étais dans sa classe. Cet été là il enseignait sur les fréquentations. Ce qui m’a surtout attiré est le fait que je n'avais pas l'habitude d'entendre des garçons parler de la bible! Il semblait vraiment la connaître. 

Nous avons correspondu par écrit environ un mois avant de nous fréquenter, ensuite, ce fut moins de 2 mois avant qu'il me dise que j'étais celle qu’il voulait, mais nous nous sommes fréquentés 2 ans avant de nous marier, car je n'avais que 16 ans et on devait attendre que j'en aie 18. Je m’étais bien rendu compte qu’il était un abuseur et un manipulateur. Et même si je m’en étais rendu compte je l’ai épousé quand même, parce que je sentais que je n'avais pas le choix. Il disait souvent qu'il était un homme de Dieu, que beaucoup de gens lui en voulaient pour cela, que Satan s'en prenait à lui parce que Satan n'aime pas les hommes de Dieu. Je le croyais. Je me sentais coupable de douter qu’il soit un homme de Dieu.

Je ressentais déjà tous ses abus, mais je croyais que c’était la faute de Satan, qui n’aime pas les hommes intègres, car il se disait humble et intègre. Je priais tous les soirs pour que le Seigneur m’enlève tous mes doutes. J’avais des doutes sur lui, des doutes sur moi-même… peut-être était-ce moi qui exagérais? Peut-être était-ce moi qui étais trop sensible. Je l’ai épousé en sachant qu’il serait un mari difficile à satisfaire. Je me sentais prise et engagée au point qu’une annulation de mariage me semblait impossible. Tout de suite après le mariage, son attitude froide et, en fait, ce qu’il était d’habitude n’était qu’amplifié, car, comme il a dit à mes parents le soir même du mariage, j’étais à lui maintenant… Je portais son nom… L’abus et la dictature suivirent leur cours, mais beaucoup plus profondément et intimement maintenant que nous étions mariés, car il avait maintenant tous les droits en tant que mari, «chef » de famille.

Il m’empêchait d'avoir des contacts personnels avec ma famille ou mes amis. Je devais lui demander pour tout même pour pouvoir prendre une douche. Tout devait être parfait dans la maison jusqu’au point de ne pas laissé d'ustensile sale dans l'évier ! Être celle qui fait tout pour les enfants seule. Je devais lui demander avant d'aller acheter du lait etc. En plus, j’avais une liste de lois, comme par exemple de rentrer au plus tard à 5 heures de l’après-midi,  même si j’allais faire une marche avec les enfants. Il m’accusait d’être une 'insoumise, une femme rebelle, de marcher avec Satan, de ne pas faire la volonté de Dieu, d'être un mauvais exemple pour les enfants.

Je n'étais pas heureuse, mais, avec tout ce qu’il disait, je croyais que je remplissais mon rôle de femme soumise. Je vivais cela très difficilement et je ne pouvais en parler à personne car il était pasteur à ce moment, donc c’était très dur de parler contre son mari et encore plus s’il est le pasteur. Au plus profond de moi, je savais que c’est lui qui était insensé, mais je doutais quand même et mon mental était totalement sous son contrôle. Je l'écoutais sans rien dire. 

Lorsque tu m’as contactée pour t’aider à faire un site sur la violence conjugale, Carole, j’ai tout de suite accepté. Car cela faisait longtemps que je voulais faire une étude sur ce sujet pour étudier mon propre "cas". Je savais que je n'étais pas la femme qu’il disait que j'étais. Je suis douce, simple, je ne cris jamais, je n'insulte pas. Je n'ai jamais rien demandé à cet homme la, je ne demande même pas qu’il enlève ses bottes avant d'entrer. Je suis le genre de femme qui est contente de rien et qui ne demande ni ne s'attend à rien de son mari. Je savais qu’il n'avait pas raison de me dire que j'étais rebelle et insoumise. Donc faire les études m'a aidée à me le confirmer davantage. Ta demande ma donné le coup de pied dont j’avais besoin pour commencer ces études. Je dirais que Dieu savait nos besoins et s’est servi de l'une pour l'autre, je dirais aussi, que faire les études que tu m’as demandées m’a ouvert les yeux. Donc si tu ne m'avais pas demandé de l'aide pour créer le site cela aurait pris un peu plus de temps avant que j’aie le courage de retrouver confiance en moi, assez pour dire « je suis une bonne épouse, je ne suis pas ce qu’il m’accuse » donc, sans cette assurance, j’aurais pris plus de temps pour partir. 

Après que je sois revenue de l’avoir laissé en août la première fois, il couchait sur le divan. Il venait au milieu de la nuit prendre ce qu’il voulait sexuellement et après ça, il retournait sur son divan. Et nous sommes allés voir un thérapeute chrétien. 

Le thérapeute m’a dit que Monsieur X était un psychopathe à son avis et qu’un jour, je devrai le quitter pour de bon. Qu’il n'allait pas changer! Après 3 rendez-vous, monsieur x a annulé nos rendez-vous avec lui, car il en voulait un thérapeute qui serait de son côté.. On en a vu un autre vers décembre, celui-ci était plus mou mais ne m'a jamais rencontrée seule. Monsieur x parlait tout le temps et répondait à toutes les questions à sa façon mais le conseiller a vu son jeu malgré tout, on a vu ce conseiller jusqu’au jour ou je me suis sauvée.

Quoiqu'il ne m’ait jamais battue, la seule fois ou cela a été physique c’est quand il a poussé ma chaise sur laquelle j’étais assise, car je tapais son sermon et il était fâché car je n'avais pas fini à l'heure qu’il m’avait dit de terminer. 

Je l'ai quitté pour de bon 2 jours plus tard. Je n’avais pas planifié de le laisser ce jour là. J'avais appelé Monsieur X sur son lieu de travail pour demander si je pouvais aller chercher du lait. Il n'était pas là. Donc j'ai habillé les enfants et je suis allée en chercher. Mais en arrivant pour payer j'ai vu qu’il avait encore fouillé dans mon sac et avait enlevé ma carte de crédit…

C’est là que ça ma interpelée, c’est à ce moment-là que ça que j’ai compris que ça n’avait pas de sens.  Je n’ai jamais rien acheté, c’est pas comme si j'avais déjà acheté un manteau de fourrure. Je devais lui demander la permission pour acheter du lait pour mes enfants et il m'enlevait ma carte de crédit quand il n'était pas content.  Cela s’est passé un lundi.. Et c’est le samedi soir qu’il m'a poussée car son sermon n’était pas terminé. Il ne m’avait pas parlé depuis ce soir là, il boudait, il ne mangeait pas les  repas que j’avais préparés. Il m'ignorait totalement. 

Donc ce fameux samedi soir , je lui avais fait un sourire involontaire quand il m’a dit " cette semaine, je vais vendre le lit et acheter 2 lits simples". J'avais trouvé ça drôle qu’il pense que ça me dérange car personnellement j'aimais mieux ne pas coucher avec lui. Lundi, j'ai laissé mon lait pas payé sur le comptoir du magasin et je me suis dit "je ne retourne pas chez nous" j'ai marché, je ne sais pas trop ou dans la ville. Je ne connaissais personne sauf les gens de l'église donc j'étais assez mal vue. J'ai marché 3h pour aller chez ma meilleure amie. Je savais qu’elle me comprendrait. Mais ils n'étaient pas là. J'ai marché une heure de plus et là je suis allée chez un des anciens. C e jours là ma propre conscience a fini par être plus forte que ses paroles. Je n’avais pas planifié du tout de partir et oui je sais que c’est Dieu qui m'a conduite. 

Dieu m’a délivrée de cela ; je lui rends toute la gloire!!! Mon cœur fut rempli d’une paix que je ne peux expliquer. Je devins humaine à nouveau, je me suis permise d’avoir mes propres sentiments, être moi-même, tout simplement. Surtout, j’avais compris que l’abus n’a pas besoin d’être physique pour détruire. 

Un an après mon départ, j’ai rencontré un homme avec lequel j’étais déjà seulement amie. Nous sommes tombés amoureux l'un de l'autre. J’étais dans les procédures de mon divorce et je savais que ce n’était pas le meilleur moment. Nous avons chuté et je me suis retrouvée immédiatement enceinte. Nous nous sommes repentis devant Dieu d’avoir été faibles. Lorsque j’ai vu le test positif, nous avons pleuré tous les deux. C’était une joie et une tristesse en même temps. La tristesse d’avoir fait de la peine à Dieu et aux chrétiens, mais la joie d’un enfant qui allait naître dans l’amour. Malgré notre faute, nous avons décidé de continuer dans la volonté de Dieu, et de ne pas vivre ensemble. 

J’ai vu la Grâce de Dieu sous toutes ses formes. J’avais épousé un pasteur, étant vierge et remplie de bonne volonté, j’avais tout fait pour plaire à Dieu et à mon mari. Dieu m’en avait délivrée par sa Grâce. J’étais tombée, Dieu avait décidé que je sois enceinte. Peut-être savait-il que j’avais besoin de vivre cette différente forme de Grâce. Peut-être fallait-il que je sois humiliée, jugée et condamnée pour moi-même pour voir exercer la Grâce merveilleuse du Seigneur envers d’autres? 

J’aime mon Sauveur plus que tout. J’ai vu son amour et sa bonté, sa douceur et sa miséricorde, plus que je n’aurais jamais pensé la voir. Il ne m’a pas abandonnée quand je souffrais avec un homme. Et il ne m’a pas abandonnée quand j'ai commis un péché grave avec un autre. 

Aujourd’hui je suis remariée et très heureuse avec le père de ma fille. Elle s’appelle Grâce…. Et elle est pleine de grâce!

L'ABUS: J'aimerais ajouter que l'abus n'a pas besoin d'être physique pour détruire. Trop de femmes, comme moi, pensent qu'elles ne sont pas abusées car elles ne sont pas battues, mais l'abus émotionnel et psychologique est aussi néfaste et détruit autant. 

Dieu vous bénisse!!


Élisabeth


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    Ce site a été construit février 2000
     
    Version.5.01  2011

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